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Nestle vs Unilever : qui est le plus éthique ? (2026)

comparatif d'entreprisesbiens de consommationinvestissement éthique
27 février 2026

Nestle vs Unilever : comparatif éthique chiffré

Unilever verse un salaire décent (living wage) à l'ensemble de ses salariés directs depuis 2020 et a obtenu son accréditation mondiale d'employeur garantissant un salaire décent en février 2022. Nestle USA a atteint une stricte équité salariale femmes-hommes (1:1) en 2019, avant de l'étendre aux minorités sous-représentées en 2021. Deux indicateurs positifs à première vue.

Mais le reste du tableau nuance ce constat.

Selon des évaluations indépendantes, 62 % des ventes alimentaires de Nestle proviennent de produits affichant un score inférieur à 3,5 sur l'échelle du Health Star Rating. De plus, Nestle a subi trois fuites de données documentées en l'espace de deux ans. De son côté, Unilever a été qualifié de « sponsor international de la guerre » par le gouvernement ukrainien en raison de la poursuite de ses activités en Russie, où le groupe a payé 3,8 milliards de roubles d'impôts en 2022, d'après les registres publics.

À elles deux, ces multinationales vendent des produits à environ quatre milliards de personnes chaque jour. Elles occupent les mêmes rayons de supermarché, ciblent les mêmes consommateurs et figurent dans les mêmes ETF de biens de consommation courante. Dès que vous faites vos courses, vous achetez leurs produits. Si vous détenez un fonds indiciel diversifié, vous possédez des parts des deux.

Chez Mashinii, nous évaluons les entreprises à partir de faits vérifiables issus de sources indépendantes : décisions réglementaires, actes judiciaires publics et enquêtes journalistiques. Voici comment se positionnent Nestle et Unilever sur l'ensemble de nos 11 dimensions d'intégrité. Pour en savoir plus sur les performances des géants du secteur, consultez notre analyse sur les scores éthiques des grandes marques de consommation.


Nestle vs Unilever : le tableau des scores complet

Unilever devance actuellement Nestlé sur huit dimensions évaluées et fait jeu égal sur deux d'entre elles ; Nestlé ne prend l'avantage sur aucune. La moyenne des scores disponibles s'établit à -6,0 pour Unilever et à -27,0 pour Nestlé.


Quels produits sont les plus sains : Nestle ou Unilever ?

Meilleure santé pour tous : Nestle -60 vs Unilever -10

Un écart de 50 points : le plus important de tout le tableau de bord.

En 2024, 62 % des ventes nettes de Nestle (hors alimentation pour animaux et produits non alimentaires) provenaient de références affichant un Health Star Rating inférieur à 3,5, d'après des évaluations indépendantes. L'ONG ShareAction a épinglé le groupe pour avoir classé le café parmi les « produits sains ». Le Global Access to Nutrition Index a par ailleurs révélé que le portefeuille de Nestle était le moins sain dans les pays à faible revenu — précisément là où les normes nutritionnelles ont l'impact le plus déterminant.

Nestle renforce néanmoins sa transparence en publiant une ventilation de la qualité nutritionnelle de ses produits alignée sur les lignes directrices de l'ATNi. Son initiative Cocoa Plan a permis d'augmenter de 38 % les revenus des agriculteurs participants et de faire progresser de 52 % la participation des femmes aux associations villageoises d'épargne et de crédit (AVEC).

Le bilan d'Unilever est moins défavorable. En 2023, 52 % de ses produits apportaient une nutrition positive et 81 % répondaient à ses critères nutritionnels fondés sur la science (Science-based Nutrition Criteria). Dans le cadre de son partenariat avec le ministère de la Santé vietnamien, l'entreprise a sensibilisé plus de 22 millions de personnes à l'hygiène. Son programme interne « Healthier U » a mobilisé plus de 40 000 salariés, et son réseau de référents en santé mentale (Mental Health Champions) assure plus de 2 000 heures d'échanges chaque année.

Verdict : Unilever s'impose avec 50 points d'avance sur la santé, porté par des normes nutritionnelles respectées par 81 % de ses produits, contre seulement 38 % pour Nestle au-dessus du seuil de référence santé.


Nestle vs Unilever : salaires et conditions de travail

Rémunération équitable et respect des travailleurs : Nestle +30 vs Unilever +60

Les deux entreprises obtiennent un score positif, ce qui reste rare dans le secteur des biens de consommation.

Unilever verse un salaire décent à tous ses employés directs depuis 2020 et a reçu son accréditation mondiale d'employeur garantissant un salaire décent en février 2022, selon les registres de certification. Au Royaume-Uni, son Gender Pay Report 2024 met en évidence un écart de rémunération médian de 4,8 % en faveur des femmes.

Nestle USA est parvenu à une stricte parité salariale femmes-hommes (1:1) en 2019, étendue aux minorités sous-représentées en 2021. Les salariés évaluent leur bien-être au travail à 78/100, et 67 % estiment recevoir une rémunération équitable. L'entreprise figure depuis cinq années consécutives dans l'indice Bloomberg Gender-Equality Index.

Ces deux résultats sont solides au regard des pratiques du secteur. L'engagement d'Unilever sur le salaire décent pour l'ensemble de ses effectifs mondiaux place toutefois la barre plus haut. À titre de comparaison, Procter & Gamble obtient un score de 0 sur cette dimension, faute d'éléments quantifiables sur les indicateurs de travail dans notre analyse.

Verdict : Avantage Unilever. Garantir un salaire décent à chaque collaborateur direct à l'échelle mondiale constitue un engagement bien plus exigeant que d'assurer l'équité salariale dans un seul pays.


Sécurité des données : les fuites de Nestle face au cadre IA d'Unilever

Technologies sûres et intelligentes : Nestle -50 vs Unilever +20

Un écart de 70 points : la plus large différence observée dans ce comparatif.

Nestle a essuyé plusieurs fuites de données documentées dans les registres publics : 4 409 dossiers d'employés ont fuité au Brésil en mai 2024, après un premier incident en avril 2022, ainsi qu'une cyberattaque revendiquée par le groupe malveillant R00TK1T en avril 2024 ayant exposé des informations internes sensibles et des données clients. Des accès non autorisés à ces données auraient été mis en vente sur des forums de pirates informatiques.

Le bilan d'Unilever est fondamentalement différent. Son cadre d'IA responsable, mis en place en 2019, repose sur un processus d'examen multipartite, des comités internes de gestion des risques liés à l'IA et des audits menés par des tiers. À la mi-2024, plus de 150 projets d'IA étaient encadrés par cette procédure de contrôle qualité, dont la moitié a nécessité des ajustements pour des motifs de biais ou de transparence. En partenariat avec Holistic AI, l'entreprise supervise plus de 300 projets d'IA, avec une diminution déclarée de 50 % des risques associés. Unilever anticipe activement l'application du règlement européen sur l'IA (EU AI Act) et intègre des outils d'IA dans ses processus de recrutement pour atténuer les biais.

Verdict : Unilever l'emporte avec 70 points d'avance. Trois fuites avérées en deux ans d'un côté, un cadre structuré de gouvernance de l'IA couvrant plus de 300 projets de l'autre.


Bien-être animal : une égalité aux causes distinctes

Bien-être animal : Nestle -20 vs Unilever -20

Nestle s'approvisionnait à 72,9 % en œufs hors cage à l'échelle mondiale à la fin de 2023 et interdit depuis 2017 les tests sur les animaux pour les aliments conventionnels destinés aux humains ainsi que pour les cosmétiques, tout en collaborant avec Compassion in World Farming pour militer contre l'élevage en cage.

Unilever a obtenu la note « E » — la plus basse — du Business Benchmark on Farm Animal Welfare en 2023. Sa politique autorise les tests sur animaux lorsque la loi l'impose. Fin 2025, le groupe est revenu sur son engagement mondial relatif aux œufs hors cage, son approvisionnement s'établissant à environ 74 %. L'entreprise développe toutefois des méthodes alternatives d'expérimentation sans animaux depuis les années 1980 et compte parmi les membres fondateurs de l'International Collaboration on Cosmetics Safety.

Aucune des deux entreprises ne peut prétendre au label « cruelty-free ». Leurs parcours pour arriver à ce même score restent très différents.

Verdict : Égalité à -20, mais pour des raisons distinctes. Les progrès de Nestle sur les œufs hors cage s'opposent à l'abandon d'engagement d'Unilever et à sa note minimale sur le bien-être animal.


Climat et émissions : 73 millions de tonnes pour Nestle contre 55 millions pour Unilever

Entreprise respectueuse de la planète : Nestle -50 vs Unilever -40

Aucune des deux ne réussit l'examen. Nestle a déclaré 73,05 millions de tCO2e d'émissions en 2024, tout en réalisant une baisse de 20,38 % par rapport à son niveau de référence de 2018, atteignant ainsi son objectif pour 2025 avec un an d'avance. Seuls 37,2 % de son énergie provenaient de sources renouvelables, et 44,8 % de ses prélèvements d'eau étaient situés dans des zones de fort stress hydrique.

Unilever a émis 55,54 millions de tCO2e — un volume global inférieur —, mais son empreinte a progressé de 3,12 % sur un an. Le groupe vise la neutralité carbone d'ici 2039 et a réduit de 74 % ses émissions des Scopes 1 et 2 depuis 2015. L'énergie renouvelable couvre 58,28 % de sa consommation, contre 37,2 % chez Nestle.

Les taux d'approvisionnement garanti sans déforestation atteignent 93,5 % pour Nestle et 97 % pour Unilever, tous deux vérifiés par satellite d'après leurs rapports.

Verdict : Unilever devance Nestle de 10 points grâce à des émissions totales plus faibles et une meilleure adoption des énergies renouvelables, malgré une hausse d'une année sur l'autre.

Zéro déchet et produits durables : Nestle 0 vs Unilever -20

Nestle ne dispose d'aucune donnée évaluable sur cette dimension dans notre base — ce qui constitue en soi un manque de transparence. Unilever est parvenu dès 2014 à zéro déchet non dangereux mis en décharge sur plus de 600 sites, a diminué de 18 % l'usage de plastique vierge par rapport à 2019 et a piloté plus de 50 projets d'emballages réutilisables.

Pour autant, Unilever conserve un score négatif : en 2023, seuls 53 % de ses emballages étaient réutilisables, recyclables ou compostables, bien en deçà de son objectif de 100 %.


Le problème russe d'Unilever et les signalements internes chez Nestle

Sans guerre ni armement : Nestle 0 vs Unilever -40

Aucun élément de notre base de données ne relie Nestle à une implication dans des conflits.

Unilever a été désigné comme « sponsor international de la guerre » par le gouvernement ukrainien en juillet 2023 en raison du maintien de ses opérations en Russie. Le groupe a payé 3,8 milliards de roubles d'impôts aux autorités russes en 2022 et s'est engagé à se conformer aux lois russes sur la conscription en juillet 2023, selon les documents déclarés. Bien qu'il ait cessé ses importations et exportations en mars 2025, il exploite toujours quatre sites de production comptant environ 3 000 salariés en Russie.

Verdict actuel : Les deux groupes sont à égalité à -10 sur la dimension Sans guerre ni armement.

Pratiques commerciales honnêtes et équitables : Nestle -20 vs Unilever 0

Les deux entreprises font l'objet de critiques. Nestle a enregistré 3 218 signalements via son dispositif « Speak Up » en 2024, dont 644 cas ont été avérés, sans qu'aucun processus d'enquête indépendant ne soit mis en évidence selon notre analyse.

Le bilan d'Unilever est contrasté. L'autorité britannique de la concurrence (CMA) a ouvert une enquête pour écoblanchiment (greenwashing) en décembre 2023. En avril 2024, l'entreprise a revu à la baisse plusieurs engagements : réduction de son objectif de plastique vierge de 50 % à 33 %, abandon de sa promesse de salaire décent chez ses fournisseurs et suppression des objectifs d'intégration de salariés en situation de handicap. Elle a réglé plus de 38 millions de dollars de pénalités depuis 2000, dont une amende de 104 millions d'euros pour entente sur les prix, d'après les dossiers réglementaires. En 2023, Unilever a reçu 1 390 signalements de violations potentielles de son code de conduite — en hausse de 21 % par rapport à 2022 —, 507 cas s'étant révélés fondés et ayant entraîné 337 départs d'employés.

Verdict : Unilever devance Nestle de 20 points, mais sa propension récurrente à formuler des objectifs ambitieux pour ensuite faire marche arrière soulève des doutes sur sa crédibilité.


Commerce équitable et approvisionnement éthique : Nestle 0 vs Unilever -20

Nestle ne dispose d'aucune preuve évaluable dans notre base de données sur cette dimension. Unilever a atteint 97,5 % d'approvisionnement sans déforestation pour l'huile de palme, le papier, le thé, le soja et le cacao en 2023, et applique des audits obligatoires avec un délai de remédiation de 90 jours. Cependant, les dépenses auprès de fournisseurs favorisant la diversité ne représentent que 1 % des achats (350 millions d'euros sur 35 milliards au total), et le revirement d'avril 2024 sur le salaire décent chez les fournisseurs a entamé la confiance. À titre de comparaison, notre analyse éthique de la fast fashion met en lumière des schémas comparables d'engagements ambitieux suivis de retraits discrets dans les secteurs grand public.


Nestle est-il plus éthique qu'Unilever ?

Ni Nestle ni Unilever ne se distinguent par une exemplarité éthique particulière. Tous deux affichent des scores négatifs sur plusieurs dimensions. Toutefois, les données révèlent des divergences mesurables.

Les points forts d'Unilever portent sur le traitement des salariés (salaire décent, équité salariale), la gouvernance technologique (IA responsable, anticipation de l'EU AI Act) et la santé publique (critères nutritionnels, programmes d'hygiène). Ses points faibles sont d'ordre géopolitique — maintien d'activités en Russie — et concernent une tendance avérée à fixer des objectifs élevés pour ensuite s'en désengager.

Le profil de Nestle s'avère plus complexe à évaluer car plusieurs dimensions manquent de données vérifiables dans notre base. Lorsque les faits sont documentés, le bilan suscite des inquiétudes : le plus faible score de santé de ce comparatif, des défaillances répétées en matière de cybersécurité et des volumes d'émissions considérables. Sa note positive concernant le respect des travailleurs reste toutefois incontestable.

Pour les investisseurs souhaitant comparer ces données au reste du secteur, Procter & Gamble constitue un point de repère pertinent : le groupe obtient +10 sur le climat (99 % d'électricité renouvelable) et +20 sur l'intégrité des affaires, mais -50 sur l'implication dans les conflits en raison de ses activités maintenues en Russie.


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